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Interview Sylvain et Leanne

Comment  et quand avez vous découvert la transition ?
En fait cela fait une dizaine d’années que mon épouse et moi-même nous sommes mis en transition. Nous avons commencé par notre alimentation en relocalisant nos achats sur le marché et ses producteurs, et donc dans les denrées non transformées, de proximité et de saison. Nous avons ensuite quitté la ville qui nous semblait un peu trop bruyante et stressante pour travailler sur nos vies (cela n’est plus une condition aujourd’hui). Puis nous avons continué dans d’autres secteurs, la santé, les cosmétiques, l’habitat. et enfin le potager.

Comment s’éstt développé votre initiative ?
Lorsque nous avons décidé de monter notre activité de savonnerie il y a 9 ans, nous avons aussi décidé de privilégier le temps à l’argent, l’idée etant de travailler moins pour vivre mieux en déconsommant progressivement des biens matériels jetables ou peu durables. Nous avons immédiatement banni toute forme de distribution indirecte de nos savons en nous limitant à la vente directe dans un rayon d’une cinquantaine de kms. Nous avons plafonné notre chiffre d’affaire il y a 5 ans, c’est toujours précaire d’un point de vue financier mais nous n’avons jamais autant été riches de notre temps et donc de nos multiples expériences. Et puis c’est soutenable puisque cela fait 10 ans que ca dure!  En 2005, le projet d’auto construction d’une maison paille a aussi été determinant dans notre désir de réduire notre empreinte carbone. Et puis quelle experience enrichissante que de construire soi-même son nid. Nous y sommes depuis 3 ans et cela nous parait maintenant tellement évidend que de vivre dans une maison excessivement bon marché à construire et à vivre , peu ou pas polluée! Enfin il y a eu la participation active aux vies des amaps locales car il nous semble primordial de soutenir la petite agriculture responsable de proximité.

Avez vous étudié les étapes et principes de la transition et comment ?
Plutôt que de les étudier, les étapes et principes de la transition se sont imposées d’elles mêmes au fur et à mesure que nous prenions conscience de notre vulnérabilité et dépendance à l’énergie bon marché. Par de multiples réseaux humains (produits bios, éco-habitat, amap, ami(e)s, associations, etc), nous avons recueilli beaucoup d’informations et notre esprit critique n’étant pas trop contaminé par notre monde de consommation, nous sommes heureux d’avoir engagé toutes ces actions ces dernieres années. Il y a 2 ans, Kitty, une connaissance hollandaise d’une association locale APQV (association de protection de la qualité de vie), a présenté un dvd anglais du mouvement international de transition. Cela m’a immédiatement séduit.  J’ai assisté ensuite Kitty pour faire connaitre Transition aux communautés locales dont Salies de Béarn et nous voici maintenant bons amis et très volontaires pour diffuser le principe de la transition.

Que donneriez vous comme conseil pour les gens qui veulent commencer une initiative de transition ?

Si vous faites partie de ces gens qui sentent que le monde ne tourne pas rond, qu’il y a un vide dans votre vie que le shopping du samedi après midi ne comble plus, si vous vous plaignez sans arrêt des politiques locaux ou nationaux, si vous avez envie d’entreprendre quelque chose mais que vous avez peur de le faire seul(e), si vous êtes un(e) écolo enragé(e) et que vous bouillez à chaque atteinte de l’environnement, si les infos vous dépriment et que vous vous sentez inutile et isolé(e), alors l’initiative de transition est pour vous!

Je fais partie de ces gens qui ont excessivement oeuvré chez eux pour changer les choses. C’est bien mais l’on sait que ce ne sera jamais assez et l’on se sent souvent un peu seul. Le mouvement de transition nous permet de surmonter ces obstacles en nous sentant plus forts et plus aimants. C’est ensemble que nous changeons les choses!

Quel est le meilleur aspect de transition pour vous ?

Car transition est avant tout la rencontre de personnes autour d’une volonté de faire quelque chose, quelque chose de petit, d’infirme, mais aussi petite soit-elle, cette action renforce le lien social et redonne le pouvoir aux citoyens. Vous vous sentez utile et faisant partie d’un groupe. L’idée est aussi très joyeuse car l’initiative se passe dans la bonne humeur, le partage et la décontraction !

Sylvain est membre de groupe de transition en Salies de Béarn