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Findhorn : un autre regard

par Catherine Pizani

 

Quand on imagine le nord de l’Écosse, on pense avant tout aux guerres d’indépendance de ce pays contre l’Angleterre, aux clans des Highlands (voir la série « Outlander »), aux dunes battues par le vent, à ces paysages sauvages et magnifiques qui font aussi l’âme de l’Écosse.

Findhorn c’est le nom d’un ancien village de pêcheurs et d’une rivière poissonneuse qui s’écoule dans le nord-est du pays.

Findhorn c’est aussi l’histoire d’un couple qui est venu « planter » sa caravane sur cette lande désolée en ne sachant pas qu’ils allaient en faire jaillir un jardin magnifique. .. et une autre façon de penser la vie.

En 1962, rien n’est joué pour les Caddy. Le couple se retrouve au chômage avec quelques Livres en poche et trois bouches à nourrir. Face à un avenir incertain, ils décident de garer leur caravane et leur vieille voiture non loin de l’hôtel Cluny Hill qu’ils ont géré pendant plusieurs années. «Six mois et pas plus…» se dit Eileen Caddy[1] en regardant autour d’elle d’un air dubitatif. «Les six mois et pas plus» se transformeront en 45 années expérimentales et lumineuses.

Le couple accompagné de leur amie Dorothy McLean, découvre toutes les dimensions de la terre et une autre façon de communiquer avec les plantes: une «petite voix» guide Eileen qui réussit à produire des légumes d’une taille surprenante sur une terre sablonneuse. L’écologie spirituelle vient de naître en Écosse et probablement dans le monde occidental.

Au fil des ans le potager grandit, les enfants naissent, les projets mûrissent et de jolies maisons colorées apparaissent entre les arbres. La communauté prend forme et trace son propre chemin holistique.

Quatre décennies plus tard, Findhorn est devenu un village écologique[2] d’environs quatre-cents personnes, une fondation[3] qui offre des activités de formation et de recherche, et de magnifiques jardins. Des visiteurs viennent du monde entier pour voir les potagers miraculeux mais aussi le travail de reboisement de la communauté, les maisons construites avec le bois des tonneaux de whisky, le traitement biologique des eaux usées et les chemins qui sillonnent la magnifique forêt environnante.

Findhorn fascine et dérange à la fois. Séjourner dans ce village peut-être une épreuve pour le commun des mortels habitué à d’autres normes de consommation. Findhorn est une invitation au voyage au plus profond de nous-mêmes, un autre regard sur la nature qui nous enseigne qu’elle n’est pas une denrée jetable et méprisable mais le terreau même de notre savoir être.

Quand on pense à cette magnifique expérience, on imagine un jardin, un grand jardin. Celui dont nous a parlé un jour Christian Bobin : «le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles.»[4]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La caravane des Caddy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Traitement des eaux usées par les plantes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maisons construites avec le bois des tonneaux de whisky

Pour en savoir plus :

https://www.babelio.com/livres/Caddy-Les-Jardins-de-Findhorn/89649

https://www.findhorn.org/francais/

 

[1] Auteur de la « Petite voix ».

[2] Village à très faible empreinte écologique.

[3] Fondation reconnue «ONG associée» par l’ONU en 1997 avec pour mission de mettre en application l’Agenda 21.

[4] « Tout le monde est occupé », Christian Bobin.

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