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Reconstruction du monde : rebrancher le fusible émotionnel – 16 avril 201

Passer du constat de l’effondrement du monde à l’action est inopérant si l’on ne rebranche pas le fusible émotionnel qui sépare et relie les deux étapes.

Car en rester à l’étape du constat, froid, intellectuel, ne permet pas d’agir sans être passé, entre les deux, par l’étape du ressenti, de l’émotion.

Pourquoi donc ? Parce que l’action n’apparaît nécessaire que si l’émotion est présente. C’est le ressenti qui nous fait agir, à défaut de quoi nous versons assurément dans le déni.

Et quelle est l’émotion adaptée en la matière ? La destruction est telle qu’elle ne peut être autre que l’angoisse, la peur, le chagrin et les larmes.

Ne pas avoir ressenti la peur engendrée par la destruction du monde nous fait avoir peur d’affronter la peur. Et nous répétons ainsi, en boucle, qu’il ne faut pas faire peur. En restant aveugles au drame qui arrive. Nous le savons, mais faute de l’avoir intégré jusqu’au plus profond de nos sens, nous le refoulons, le nions. Nous le savons intellectuellement mais nous l’ignorons viscéralement. Nous sommes exactement dans la dissonance cognitive, un fait et son contraire coexistent et nous prenons celui qui nous arrange le plus, mais qui nous mène tout droit dans le mur ; car la destruction du monde est bien là, chaque année plus palpable, chaque jour plus inquiétante, mais nous préférons l’adage « tout changer pour que rien ne change » ou encore « il faut consommer autrement » alors que seule la production, artisanale, locale et conviviale nous sortira de l’impasse.

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source : https://laconnectrice.wordpress.com/2014/10/09/arbres-des-buttes-chaumont-l-oranger-des-osages-maclura-pomifera/

Joanna Macy et Molly Young Brown ne nous disent pas autre chose lorsqu’elles écrivent, en pages 137 & 138 de leur ouvrage Ecopsychologie pratique pour tous et rituels pour la terre :

«Dans le travail sur le désespoir, nous regardons bien en face ce qui est en train d’arriver à notre monde, ce qui signifie faire tomber les défenses contre nos propres sentiments de peur, de colère, de culpabilité et de douleur. Quand nous laissons ces émotions faire surface, (…) nous découvrons (…) que le sentiment de culpabilité (…) est une responsabilité collective en tant que société et en tant qu’espèce. Et sous toutes ces réponses, existe un puits sans fond de tristesse pour la souffrance et les pertes infligées à nos semblables, nos frères et nos sœurs, et à ceux qui viendront après nous.

C‘est en soi une découverte remarquable, car elle défie tout ce que la Société de croissance industrielle nous a conditionné à croire à propos de nous-mêmes. Elle contredit l’hypothèse selon laquelle nous serions des êtres séparés, indépendants, dont le bonheur doit souvent être protégé aux dépens des autres. Au contraire, elle révèle que dans le tréfonds de nos psychés, nous souffrons avec eux. Cette « souffrance avec », rappelons-le, est le sens littéral du mot compassion. Loin d’être un signe de névrose personnelle, elle est la plus noble des capacités dans les traditions spirituelles.»

du blog de gorgerouge:

http://gorgerouge.unblog.fr/2017/04/16/reconstruction-du-monde-rebrancher-le-fusible-emotionnel-16-avril-2017/

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