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S’engager d’urgence contre le réchauffement climatique.

Un peu partout fleurissent de nouveaux modes de vie ; conditions indispensables pour assurer un développement durable, pour nos enfants et les générations futures !

Eamon 0’Hara, installé dans le Lot, nous explique pourquoi il y a urgence à agir.

par Jean-Claude Bonnemère le rédacteur en chef de La Vie Quercynoise

Eamon 0'Hara, diplômé en sciences, titulaire d'un Master en , installé dans le Lot avec sa famille. -
Eamon 0’Hara, diplômé en sciences, titulaire d’un Master en , installé dans le Lot avec sa famille. –

« C’était pour nous un rêve que d’habiter en France ! » s’exclament Eamon 0′Hara et son épouse Tanya, installés à Pontcirq, commune du Grand Cahors, il y a six ans. Ce couple d’Irlandais sont les parents de deux enfants, de 8 et 10 ans, scolarisés dans les écoles rurales alentours. Long périple avant leur arrivée dans le Lot, après un séjour de plusieurs années à Bruxelles, notamment.

Eamon est diplômé en sciences, titulaire d’un Master en « réchauffement climatique ». Il a été professeur en grandes écoles et travaille en tant que consultant pour une clientèle essentiellement basée en Belgique. Il a également créé une association internationale, comptant des membres implantés un peu partout en Europe ; il est directeur général de ce réseau européen destiné à soutenir les démarches citoyennes locales visant à contrer le réchauffement climatique : ECOLISE.

Il est urgent d’agir

« Je suis parti du constat qu’il y a des initiatives nombreuses sur ce sujet, mais sans grande visibilité » explique Eamon. Il s’est donc attaché dans un premier temps, à étudier le contexte conduisant à l’émergence de ces initiatives locales et en 2013, il publie une étude à ce sujet. Au fil des ans, le réseau s’agrandit avec des membres implantés dans tous les pays d’Europe comptant des mouvements comme des villes en transition, des éco-villages, de la permaculture… et aussi des organisations de recherche, formation, communication… « Ce réseau est ouvert à toutes les organisations qui veulent promouvoir des actions locales citoyennes, permettant de lutter contre le réchauffement de la planète » précise Eamon.

« Le point de départ de ma démarche tient à ma conviction, qui s’est renforcée avec la naissance de nos enfants : il est urgent d’agir ; il est de notre devoir de changer le cours des choses car nous sommes face à de grands défis, par rapport au changement climatique » insiste Eamon, qui entend mettre ses compétences au service de cette cause.

De Bruxelles à Pontcirq

À Bruxelles, Eamon travaillait pour le compte de projets locaux, qui reçoivent des fonds européens destinés au développement rural et environnement : le programme LEADER (1) et le programme LIFE (2). Ces projets sont inscrits dans un réseau qui facilite les échanges d’expériences et les bonnes pratiques.

En se rendant compte que les projets locaux citoyens menés par rapport au réchauffement climatique, ne bénéficiaient ni d’aides financières ni de soutien politique, Eamon a eu l’intuition de créer une structure chargée d’assurer un suivi entre la nature du projet local et son rapport au réchauffement climatique, sans oublier de communiquer auprès du grand public. Objectif : faire agréer et soutenir ce type de projets locaux auprès des institutions européennes. « Il nous faut donner de la visibilité à ces projets promoteurs de la lutte contre le réchauffement climatique et mettre en avant les opportunités qui se présentent sur le terrain pour faire en sorte que s’instaure un dialogue permanent avec les institutions européennes » affirme Eamon. Il s’agit bien au final, d’influencer la structure des programmes qui se mettent en place au niveau de l’Europe, pour les années à venir. « Nous voulons arriver à une meilleure reconnaissance par les institutions européennes, des projets locaux, de telle sorte que ceux-ci soient valorisés et apportent des réponses concrètes à la question du réchauffement climatique » ajoute-t-il.

Plus qu’une réponse à la problématique du réchauffement climatique, il s’agit de trouver des solutions au caractère durable du développement et au devenir de la vie sur la planète terre. D’où la nécessité d’encourager des citoyens à prendre des initiatives localement, en menant des projets de proximité. « Il faut que ces projets soient accessibles au plus grand nombre et qu’ils donnent envie de s’engager : ces projets, il faut que tout le monde puisse les toucher du doigt ! » continue Eamon. Plus de 90% des scientifiques estiment aujourd’hui qu’il est urgent d’agir. « C’est nous qui sommes la cause de ce réchauffement climatique et c’est à nous d’agir ! » martèle encore Eamon.

« Appeler son voisin »

Peut-on agir au niveau du Lot ? « Oui ! » s’exclame Eamon. Riche de terrains laissés à l’abandon, de forêts abondantes, d’un bon ensoleillement, le département du Lot peut devenir assez vite un vivier de projets menés en faveur de la lutte contre le réchauffement de la planète. Il s’agit de créer, de s’organiser… Au niveau local, des projets peuvent naître entre voisins, pour mettre en place quelque chose au niveau de leur village. Déjà, plus de 4000 projets locaux sont sortis de terre un peu partout en Europe. On recense près d’un millier de « villes en transition », un millier d’éco-villages et plusieurs initiatives régionales et nationales. En Écosse,un réseau d’actions menées autour du climat réunit 150 groupes locaux. Faire le pas envers son voisin est la première étape ; entamer une discussion, c’est le début d’un projet. À Pontcirq, commune de 150 habitants, a été créé un café associatif, alors qu’au départ, tout le monde pensait que cela ne marcherait pas… et pourtant il y a un rendez-vous thématique tous les mois et les gens viennent. « La preuve qu’on peut changer les choses à condition de ne pas rester tout seul dans son coin ! » observe Eamon. Le projet local citoyen apporte de nombreux bénéfices à la communauté, tout entière. D’une part, il permet de reconnecter entre eux des citoyens, il apporte ainsi un bénéfice social en luttant contre l’isolement et une forme d’individualisme. D’autre part, il offre des possibilités d’emplois grâce au développement d’une économie locale ; les raisons de la démarche dépassent largement les préoccupations de la lutte contre le réchauffement climatique et envisagent des perspectives d’avenir dans sa globalité !

« Et n’oublions pas, que cela peut avoir un aspect « amusant » aussi, de plonger dans une nouvelle aventure avec des amis et des voisins », termine Eamon enthousiaste dans sa quête d’un monde meilleur.

JEAN-CLAUDE BONNEMÈRE

(1) LEADER, acronyme pour Liaison entre Actions de Développement de l’Économie Rurale, est un programme inscrit dans le cadre du Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER). Ainsi LEADER permet de soutenir des territoires ruraux dynamiques, organisés et porteurs d’une stratégie de développement.

(2) LIFE, L’Instrument Financier pour l’Environnement, est un programme Européen pour soutenir des projets innovants.

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